Voici L’importance de Panser les blessures du passé

Voici L’importance de Panser les blessures du passé.

Dans la fraicheur de leur bureau chargé d’un luxe tape-à-l’œil, qui détonnait complètement avec les alentours, Julie chef de projet chez un opérateur de téléphonie à Conakry observait une fois de plus Binta sa collègue préférée.

Binta avait ses yeux figés sur son écran d’ordinateur, perdue dans ses pensées. Elle n’arrivait pas à arrêter le flot de pensées qui s’entrechoquaient presque douloureusement dans sa tête. Elle réfléchissait sur une grande opportunité qui venait de lui être offerte. Elle ne s’y attendait pas. Cela lui était tombé dessus,
brusquement.

La proposition de sa hiérarchie l’avait prise
au dépourvu. Elle était incertaine d’avoir les
capacités de pouvoir relever ce défi : Assumer le rôle de chef d’équipe. Elle ne se voyait pas diriger un groupe de 20 personnes intelligentes qui désormais devraient se tourner vers sa modeste personne pour orientation et direction. Elle ne se croyait pas à la hauteur. Il devrait y avoir quelqu’un d’autre, de plus compétent dans une si grande entreprise, se susurrait-elle. Avoir un job qui paie plus que la
moyenne suffisait largement à ses yeux.
Elle ne s’était encore jamais imaginée dans
une position de commandement, une position de pouvoir.

Pourtant, Binta était une femme dotée
d’innombrables talents. Elle pouvait presque tout faire. Elle était, plus d’une fois, sortie des sentiers battus, avait tenté des choses audacieuses pour se faire apprécier.
Elle était plutôt douée, mais sa timidité naturelle était une pesanteur accablante.

La vie de Binta avait basculé plusieurs
années auparavant lorsqu’elle perdit ses
parents dans un tragique accident d’automobile. Chaque fois qu’elle y repense
ses larmes coulent à flots tant ce macabre
souvenir est vivant, comme s’il datait d’hier.
Pourtant près de vingt ans ont passé.

C’était un jour plutôt ordinaire qui ne
laissait présager rien de particulier. La journée avait commencé, comme à l’accoutumée, dans le chaleureux amour familial. Après un déjeuner copieux comme seules les mères aimantes savent en faire, ils étaient tous montés dans la Volvo 940 break de couleur bleue que son père avait acquis deux ans plus tôt. Elle ignorait que c’était son dernier repas de famille.

C’était un dimanche matin. A peine avaient-ils
quitté la maison que dix minutes après le
drame est arrivé. Un chauffard ivre a percuté leur voiture par l’arrière, provoquant un tonneau effroyable dans un sombre bruit de tôles froissées. Elle n’avait que 9 ans.

Apres le deuil, elle est allée vivre chez Sidiki le frère de sa mère qui avait lui-même déjà 2 filles et 1 garçon. La vie y était plutôt
ordinaire. Semblable à celle qu’on mène dans de nombreuses familles africaines. A chaque levée de soleil, Binta avait pour
responsabilité de balayer la cour, passer le
torchon dans la maison, faire la vaisselle…
ainsi que beaucoup d’autres tâches
généralement dévolues aux filles. Elle faisait de son mieux, s’occupait avec dévotion de tous les travaux ménagers. Elle devait constamment nettoyer derrière ses cousins qui semblaient prendre un malin plaisir à délibérément salir.

Elle était celle vers qui on se tournait pour retrouver la moindre petite chose déplacée de son lieu habituel. Seulement ceux-ci, encouragés par leur mère ne manquaient pas une occasion de lui rappeler parfois douloureusement qu’elle n’était pas chez elle.

Chaque fois que la table à manger était salie par ses cousins, qui raffolaient des fonio cuits à la vapeur, éparpillant les miettes partout, sa
tante la traitait de tous les noms d’oiseaux,
grondant et vociférant ; menaçant la petite
orpheline de la jeter dehors.

Binta se sentait perdue et désorientée,
craignant constamment de se retrouver
dans la rue, elle, qui croyait avoir trouvé une famille pour l’aimer. Elle en perdait le
sommeil parfois. Les menaces de sa tante
résonnaient jusque dans son sommeil et lui
rappelaient bien cruellement la perte de ses
parents.

Triste et esseulée, Binta se souvenait
chaque soir de la délicieuse routine qu’avait
instaurée son papa. Il avait pour habitude
de réunir la famille pour jouer ensemble à
un jeu des rôles. Dans celui-ci, la petite fille jouait le rôle de l’avocate de la ville. Belle,
intelligente et ferme dans ses propos. Elle
défendait avec pertinence et vigueur les intérêts de la communauté contre divers malfrats, tous joués par son père, qu’elle
envoyait paitre en prison.

Chaque fois qu’elle y repensait, elle revoyait son père bien aimé, arraché si tôt à son affection, qui lui répétait qu’elle deviendrait un jour avocate. Elle tenait serré dans son cœur ce rêve que son père lui avait inculqué. Ce rêve que le décès inopiné de ses parents avait tué, les brimades constantes de sa tante l’enterrait chaque jour davantage. Elle pleurait tous les jours. La vie dans sanouvelle famille n’était pas de tout repos. Les réprimandes incessantes tuaient à petit feu la personnalité joyeuse de l’enfant.
Le tempérament radieux et dynamique que
la routine heureuse établie par son père
nourrissait s’est démantelé. Binta devenait
fermée et mélancolique.

Sidiki, son oncle, n’était pas quelqu’un de
lisse. Il ne rentrait presque jamais à la
maison sans emmener avec lui un présent
pour chacun de ses enfants sauf Binta.

Avec l’habitude, cette dernière ne sortait
plus de sa chambre à l’arrivée de l’oncle.
Sachant qu’il n’avait jamais rien pour elle.
La différence de traitement était telle que
l’orpheline ne se sentait plus la bienvenue
aux diverses sorties au restaurant et aux activités de famille qu’organisaient chaque
weekend le frère de sa mère.

Même Salif, le jeune frère de sa tante, un étudiant à l’université, encouragé par celle-ci, la traitait comme la bonne à tout faire. Il lui
refilait systématiquement ses vêtements à
laver. Gare à elle, si elle trainait les pas.
La tante lui tombait dessus comme une furie.

Elle était très jeune mais elle a appris à
bien connaitre sa place. Elle vivait chez son
oncle mais ne se faisait pas d’illusions.

Un Dimanche après que toute la famille soit
partie déguster un bon repas dans un restaurant huppé de Conakry. Binta resta
seule à la maison afin de ranger et nettoyer. C’était juste après son quinzième anniversaire. Alors qu’elle prenait une petite pause et regardait nostalgique les photos de son cher papa, elle entendit quelqu’un frapper à la porte. C’était Salif.

Celui-ci lui dit d’un ton autoritaire :
– As-tu sorti mon linge à laver de la
chambre?
– Non, oncle Salif ! répondit la jeune fille, de
sa voix timide.
– Qu’attends-tu ? vociféra-t-il, en se
dirigeant vers la chambre.

Quelques minutes plus tard, Binta se rendit
dans la chambre de Salif afin de retirer les
habits à nettoyer. Pendant qu’elle sélectionnait et triait les habits sales du lot, elle remarqua l’absence de son oncle. Elle se dit qu’il était peut-être ressorti. Elle s’est néanmoins attelée à la tâche. Soumise et ne voulant pas faire des vagues. Elle avait appris à tout faire pour éviter que la foudre de sa tante ne tombe sur elle.

La jeune fille prit une demi-douzaine de chemises et se leva. Alors qu’elle se retournait pour sortir de la chambre, elle le vit. L’oncle Salif lui barrait la route. Une fraction de seconde, leurs regards se croisèrent. Ce qu’elle y lut l’effraya. Ce n’était pas le regard d’un oncle vers sa nièce mais celui d’un prédateur
envers sa proie.

Il était là, devant elle. Torse nu, portant un petit short couleur chair qui ressemblait à tout sauf à un vêtement. Le cœur de Binta se mit à battre à vive allure. Elle avait peur, très peur. Elle pressa les pas pour sortir, tentant de se glisser entre l’oncle et l’embrasure de la porte. Il la saisit par la taille, la ramenant de force au centre de la pièce. Elle se débattait violemment. Désespérée, paniquée, en sanglots, tentant de s’échapper. Il était beaucoup plus fort qu’elle. Il resserra son emprise, pesa de tout son poids sur elle, la fit tomber et…la viola.

Elle n’osa en parler à personne. Surtout pas
à sa tante. Elle était pétrifiée de honte et de
peur. Peur qu’on ne l’accuse de l’avoir provoqué, peur de se retrouver à la rue. Elle tenta de faire semblant et de vivre normalement. Mais c’était trop dur.
Cela la rongeait comme un poison. Elle pleurait toutes les nuits.

A l’âge adulte Binta avait développé un
puissant complexe d’infériorité. Elle faisait
tout et n’importe quoi pour se faire accepter.
Et les gens ne manquaient pas d’en abuser.
Elle donnait de sa personne, envers et contre son propre bien, par peur du rejet.
Elle acceptait d’être rabaissée injustement
car elle se croyait inferieure aux autres. Elle
avait, au fil des ans, nourri et entretenu une
piètre opinion d’elle-même.

Sa vie amoureuse n’était pas un fleuve
tranquille. Les hommes venaient et partaient. Son manque de confiance était patent. Elle devint la proie des manipulateurs qui voyaient en elle une femme en manque d’affection, prête à tout pour se faire aimer.

Toute sa vie, elle avait appris à se taire, à ne pas se battre pour défendre ses droits. Elle ne savait pas fixer des limites. Alors, ils en abusaient. Elle encaissait les coups, subissait en silence. Elle avait tant de blessures
émotionnelles.

Il y a de nombreux Binta autour de
nous. Dans nos maisons, nos écoles, nos
entreprises et même nos lieux de prière. Il y en a beaucoup plus qu’on ne le croit. Des
femmes et des hommes qui souffrent le martyr à l’intérieur sans jamais le dire. Des femmes qui vivent, malgré elles, dans des relations toxiques où elles savent pertinemment qu’elles sont émotionnellement abusées. Des amitiés à sens unique des correspondances forcées qui ne servent qu’à la jouissance égoïste d’une seule personne. Elles encaissent en silence
les abus, l’irrespect et parfois les insultes
et les coups.

Voici L’importance de Panser les blessures du passé.
___
Il faut lire, il faut lire. Ne fuyez pas😉

Dans la fraicheur de leur bureau chargé d’un luxe tape-à-l’œil, qui détonnait complètement avec les alentours, Julie chef de projet chez un opérateur de téléphonie à Conakry observait une fois de plus Binta sa collègue préférée.

Binta avait ses yeux figés sur son écran d’ordinateur, perdue dans ses pensées. Elle n’arrivait pas à arrêter le flot de pensées qui s’entrechoquaient presque douloureusement dans sa tête. Elle réfléchissait sur une grande opportunité qui venait de lui être offerte. Elle ne s’y attendait pas. Cela lui était tombé dessus,
brusquement.

La proposition de sa hiérarchie l’avait prise
au dépourvu. Elle était incertaine d’avoir les
capacités de pouvoir relever ce défi : Assumer le rôle de chef d’équipe. Elle ne se voyait pas diriger un groupe de 20 personnes intelligentes qui désormais devraient se tourner vers sa modeste personne pour orientation et direction. Elle ne se croyait pas à la hauteur. Il devrait y avoir quelqu’un d’autre, de plus compétent dans une si grande entreprise, se susurrait-elle. Avoir un job qui paie plus que la
moyenne suffisait largement à ses yeux.
Elle ne s’était encore jamais imaginée dans
une position de commandement, une position de pouvoir.

Pourtant, Binta était une femme dotée
d’innombrables talents. Elle pouvait presque tout faire. Elle était, plus d’une fois, sortie des sentiers battus, avait tenté des choses audacieuses pour se faire apprécier.
Elle était plutôt douée, mais sa timidité naturelle était une pesanteur accablante.

La vie de Binta avait basculé plusieurs
années auparavant lorsqu’elle perdit ses
parents dans un tragique accident d’automobile. Chaque fois qu’elle y repense
ses larmes coulent à flots tant ce macabre
souvenir est vivant, comme s’il datait d’hier.
Pourtant près de vingt ans ont passé.

C’était un jour plutôt ordinaire qui ne
laissait présager rien de particulier. La journée avait commencé, comme à l’accoutumée, dans le chaleureux amour familial. Après un déjeuner copieux comme seules les mères aimantes savent en faire, ils étaient tous montés dans la Volvo 940 break de couleur bleue que son père avait acquis deux ans plus tôt. Elle ignorait que c’était son dernier repas de famille.

C’était un dimanche matin. A peine avaient-ils
quitté la maison que dix minutes après le
drame est arrivé. Un chauffard ivre a percuté leur voiture par l’arrière, provoquant un tonneau effroyable dans un sombre bruit de tôles froissées. Elle n’avait que 9 ans.

Apres le deuil, elle est allée vivre chez Sidiki le frère de sa mère qui avait lui-même déjà 2 filles et 1 garçon. La vie y était plutôt
ordinaire. Semblable à celle qu’on mène dans de nombreuses familles africaines. A chaque levée de soleil, Binta avait pour
responsabilité de balayer la cour, passer le
torchon dans la maison, faire la vaisselle…
ainsi que beaucoup d’autres tâches
généralement dévolues aux filles. Elle faisait de son mieux, s’occupait avec dévotion de tous les travaux ménagers. Elle devait constamment nettoyer derrière ses cousins qui semblaient prendre un malin plaisir à délibérément salir.

Elle était celle vers qui on se tournait pour retrouver la moindre petite chose déplacée de son lieu habituel. Seulement ceux-ci, encouragés par leur mère ne manquaient pas une occasion de lui rappeler parfois douloureusement qu’elle n’était pas chez elle.

Chaque fois que la table à manger était salie par ses cousins, qui raffolaient des fonio cuits à la vapeur, éparpillant les miettes partout, sa
tante la traitait de tous les noms d’oiseaux,
grondant et vociférant ; menaçant la petite
orpheline de la jeter dehors.

Binta se sentait perdue et désorientée,
craignant constamment de se retrouver
dans la rue, elle, qui croyait avoir trouvé une famille pour l’aimer. Elle en perdait le
sommeil parfois. Les menaces de sa tante
résonnaient jusque dans son sommeil et lui
rappelaient bien cruellement la perte de ses
parents.

Triste et esseulée, Binta se souvenait
chaque soir de la délicieuse routine qu’avait
instaurée son papa. Il avait pour habitude
de réunir la famille pour jouer ensemble à
un jeu des rôles. Dans celui-ci, la petite fille jouait le rôle de l’avocate de la ville. Belle,
intelligente et ferme dans ses propos. Elle
défendait avec pertinence et vigueur les intérêts de la communauté contre divers malfrats, tous joués par son père, qu’elle
envoyait paitre en prison.

Chaque fois qu’elle y repensait, elle revoyait son père bien aimé, arraché si tôt à son affection, qui lui répétait qu’elle deviendrait un jour avocate. Elle tenait serré dans son cœur ce rêve que son père lui avait inculqué. Ce rêve que le décès inopiné de ses parents avait tué, les brimades constantes de sa tante l’enterrait chaque jour davantage. Elle pleurait tous les jours. La vie dans sanouvelle famille n’était pas de tout repos. Les réprimandes incessantes tuaient à petit feu la personnalité joyeuse de l’enfant.
Le tempérament radieux et dynamique que
la routine heureuse établie par son père
nourrissait s’est démantelé. Binta devenait
fermée et mélancolique.

Sidiki, son oncle, n’était pas quelqu’un de
lisse. Il ne rentrait presque jamais à la
maison sans emmener avec lui un présent
pour chacun de ses enfants sauf Binta.

Avec l’habitude, cette dernière ne sortait
plus de sa chambre à l’arrivée de l’oncle.
Sachant qu’il n’avait jamais rien pour elle.
La différence de traitement était telle que
l’orpheline ne se sentait plus la bienvenue
aux diverses sorties au restaurant et aux activités de famille qu’organisaient chaque
weekend le frère de sa mère.

Même Salif, le jeune frère de sa tante, un étudiant à l’université, encouragé par celle-ci, la traitait comme la bonne à tout faire. Il lui
refilait systématiquement ses vêtements à
laver. Gare à elle, si elle trainait les pas.
La tante lui tombait dessus comme une furie.

Elle était très jeune mais elle a appris à
bien connaitre sa place. Elle vivait chez son
oncle mais ne se faisait pas d’illusions.

Un Dimanche après que toute la famille soit
partie déguster un bon repas dans un restaurant huppé de Conakry. Binta resta
seule à la maison afin de ranger et nettoyer. C’était juste après son quinzième anniversaire. Alors qu’elle prenait une petite pause et regardait nostalgique les photos de son cher papa, elle entendit quelqu’un frapper à la porte. C’était Salif.

Celui-ci lui dit d’un ton autoritaire :
– As-tu sorti mon linge à laver de la
chambre?
– Non, oncle Salif ! répondit la jeune fille, de
sa voix timide.
– Qu’attends-tu ? vociféra-t-il, en se
dirigeant vers la chambre.

Quelques minutes plus tard, Binta se rendit
dans la chambre de Salif afin de retirer les
habits à nettoyer. Pendant qu’elle sélectionnait et triait les habits sales du lot, elle remarqua l’absence de son oncle. Elle se dit qu’il était peut-être ressorti. Elle s’est néanmoins attelée à la tâche. Soumise et ne voulant pas faire des vagues. Elle avait appris à tout faire pour éviter que la foudre de sa tante ne tombe sur elle.

La jeune fille prit une demi-douzaine de chemises et se leva. Alors qu’elle se retournait pour sortir de la chambre, elle le vit. L’oncle Salif lui barrait la route. Une fraction de seconde, leurs regards se croisèrent. Ce qu’elle y lut l’effraya. Ce n’était pas le regard d’un oncle vers sa nièce mais celui d’un prédateur
envers sa proie.

Il était là, devant elle. Torse nu, portant un petit short couleur chair qui ressemblait à tout sauf à un vêtement. Le cœur de Binta se mit à battre à vive allure. Elle avait peur, très peur. Elle pressa les pas pour sortir, tentant de se glisser entre l’oncle et l’embrasure de la porte. Il la saisit par la taille, la ramenant de force au centre de la pièce. Elle se débattait violemment. Désespérée, paniquée, en sanglots, tentant de s’échapper. Il était beaucoup plus fort qu’elle. Il resserra son emprise, pesa de tout son poids sur elle, la fit tomber et…la viola.

Elle n’osa en parler à personne. Surtout pas
à sa tante. Elle était pétrifiée de honte et de
peur. Peur qu’on ne l’accuse de l’avoir provoqué, peur de se retrouver à la rue. Elle tenta de faire semblant et de vivre normalement. Mais c’était trop dur.
Cela la rongeait comme un poison. Elle pleurait toutes les nuits.

A l’âge adulte Binta avait développé un
puissant complexe d’infériorité. Elle faisait
tout et n’importe quoi pour se faire accepter.
Et les gens ne manquaient pas d’en abuser.
Elle donnait de sa personne, envers et contre son propre bien, par peur du rejet.
Elle acceptait d’être rabaissée injustement
car elle se croyait inferieure aux autres. Elle
avait, au fil des ans, nourri et entretenu une
piètre opinion d’elle-même.

Sa vie amoureuse n’était pas un fleuve
tranquille. Les hommes venaient et partaient. Son manque de confiance était patent. Elle devint la proie des manipulateurs qui voyaient en elle une femme en manque d’affection, prête à tout pour se faire aimer.

Toute sa vie, elle avait appris à se taire, à ne pas se battre pour défendre ses droits. Elle ne savait pas fixer des limites. Alors, ils en abusaient. Elle encaissait les coups, subissait en silence. Elle avait tant de blessures
émotionnelles.

Il y a de nombreux Binta autour de
nous. Dans nos maisons, nos écoles, nos
entreprises et même nos lieux de prière. Il y en a beaucoup plus qu’on ne le croit. Des
femmes et des hommes qui souffrent le martyr à l’intérieur sans jamais le dire. Des femmes qui vivent, malgré elles, dans des relations toxiques où elles savent pertinemment qu’elles sont émotionnellement abusées. Des amitiés à sens unique des correspondances forcées qui ne servent qu’à la jouissance égoïste d’une seule personne. Elles encaissent en silence
les abus, l’irrespect et parfois les insultes
et les coups.

Quoi que dotée de ressources utiles pour
décoller et en dépit des apparences de réussite, Binta est restée prisonnière de
ses blessures. Les pesanteurs de son passé
affectent négativement son relationnel. Sa
vie privée et professionnelle en subissent les contrecoups.

Beaucoup de personnes vivent aujourd’hui, parfois sans vraiment le réaliser, les répercussions des blessures de leur passé. Tant de femmes et des hommes arpentent les
rues avec finesse et élégance masquant
par leur allure distinguée des plaies béates dont le saignement colorie leur moindre
geste.

Très souvent nos actions et réactions présentes sont décidés par des éléments silencieux de notre passé. Des circonstances non voulues, des évènements subis qui, parfois sans l’avouer ont tellement pesé sur notre
parcours que leur échos continue de hanter nos vies des années plus tard

Quoi que dotée de ressources utiles pour
décoller et en dépit des apparences de réussite, Binta est restée prisonnière de
ses blessures. Les pesanteurs de son passé
affectent négativement son relationnel. Sa
vie privée et professionnelle en subissent les contrecoups.

Beaucoup de personnes vivent aujourd’hui, parfois sans vraiment le réaliser, les répercussions des blessures de leur passé. Tant de femmes et des hommes arpentent les
rues avec finesse et élégance masquant
par leur allure distinguée des plaies béates dont le saignement colorie leur moindre
geste.

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